Syrie du Nord : une dure leçon pour les luttes à venir ?

Fin 2016, je suis au Rojava avec quelques autres volontaires internationaux. Le moral est bas : nous venons d’apprendre que deux de nos camarades proches sont tombés au combat et nous nous sentons inutiles, éloignés des lignes de front, en attente. Nous avons chacun tout abandonné dans nos pays respectifs, partant bénévolement prendre les armes pour soutenir la révolution que les Kurdes ont démarrée en combattant Daech (acronyme arabe de l’État islamique (EI)), ignorant quand, dans quel état nous reviendrons, ni même si nous reviendrons. L’un d’entre nous, s’exprimant en anglais, brise le silence : « Lorsque je me sens inutile, je pense à l’ONU et ça va mieux ». Un délai de quelques secondes et l’atmosphère se détend un peu, quelques rires et sourires. Cette phrase, lourde de sens, nous remet les choses en perspective. Nous faisons ce que nous pouvons et bien que peu nombreux, nous avons un impact, aussi petit soit-il. Absente, l’ONU, qui regroupe 193 pays membres, comprenant les plus grandes armées du monde et dont le but premier est de maintenir la paix internationale, n’intervient pas, ne bouge pas le petit doigt.

Les Kurdes : première ligne dans la lutte contre Daech

En 2011, la guerre civile éclate en Syrie. Profitant de l’instabilité de la région, Daech envahit près du tiers de ce pays, ciblant particulièrement les territoires habités en majorité par les Kurdes. Les Kurdes mobilisent alors des armées de volontaires pour lui résister comme ils le peuvent, mais, sous-équipées, elles ne parviennent pas à prendre l’avantage, et Daech continue d’avancer. Jusqu’à la bataille de Kobanê.

Jusqu’alors, Daech n’avait subi aucune réelle défaite. Les armées régulières de la région préféraient souvent se sauver que de l’affronter. Voyant la résistance dans Kobanê, les États-Unis décident d’intervenir et d’offrir un soutien aérien pour contrer Daech en pleine expansion. Cette bataille fut la première défaite de Daech, et Kobanê est maintenant une ville mythique au Rojava. Après cette bataille, les forces kurdes commencent à reprendre des terrains sous contrôle de Daech. Rapidement, les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont créées, regroupant les unités kurdes (YPG, YPJ, etc.) et bien d’autres (arabes, assyriennes, yézidis, etc.) qui les rejoignent rapidement. En février 2019, le dernier territoire de Daech est libéré par les FDS. En fin de compte, ce sont les FDS qui ont fait le gros du travail dans le combat contre Daech. En 5 ans, plus de 11 000 combattants et combattantes des FDS ont perdu la vie et plus de 22 000 blessé·es sont à dénombrer dans leurs rangs.

Retrait américain et l’abandon des Kurdes

Après avoir fait les plus grands sacrifices pour contrer Daech, le Rojava est abandonné à un triste sort. En effet, le 6 octobre dernier, Trump ordonne le retrait des troupes états-uniennes du nord de la Syrie, laissant le champ libre à une invasion turque, qui commence sans surprise deux jours plus tard. Il est important de mentionner que, les jours précédents, les États-Unis ont fait détruire les fortifications que le Rojava détenait en cas d’attaque de la Turquie, prétextant que c’était une preuve de bonne foi et que l’armée états-unienne les protégerait de toute façon…

S’ensuivent près de deux semaines d’offensives, où les Kurdes et leurs alliés mènent une résistance héroïque, surtout concentrée sur la ville de Serokanî, sans aucun soutien aérien. Puis, le 18 octobre, les États-Unis annoncent glorieusement avoir obtenu un cessez-le-feu de la Turquie pour 5 jours… pour laisser le temps aux forces du Rojava de se retirer d’une zone de 30 km de la frontière avec la Turquie, ce qui représente une bonne partie du nord-est de la Syrie. Cette « entente » entre la Russie et la Turquie est par la suite confirmée le 22 octobre.

Moscou et Ankara s’entendent, mais qu’est-ce que ça sous-entend ?

Tout d’abord, rappelons que les principaux intéressés n’ont jamais été consultés… malgré tous leurs sacrifices, l’avenir des Kurdes a été négocié sans eux. Ensuite, la Turquie justifie cette « zone de sécurité » car elle considère le YPG et le YPJ comme étant des organisations terroristes, ce qui justifierait l’installation d’un territoire tampon de 30 km à la frontière turco-syrienne en prévention d’attaques venant du Rojava. La rhétorique est douteuse, notamment car aucune attaque n’est venue du Rojava depuis sa mise en place. Évidemment ce n’est qu’un prétexte, aussi faux que malicieux : en plus de justifier l’injustifiable, il laisse croire que le Rojava représente une menace quelconque.

Mais le plus terrible est ce que la Turquie veut faire de ce territoire. Plus qu’une « zone de sécurité », il est aussi question d’y installer jusqu’à 2 millions de réfugiés, la plupart ne venant pas de cette région de la Syrie. Cette zone sera patrouillée par des soldats turcs et russes (nous y reviendrons plus loin), il est donc évident que beaucoup de minorités seront poussées à la quitter, particulièrement les Kurdes. Cette expulsion de masse peut très bien être qualifiée de nettoyage ethnique, puisqu’il s’agit de remplacer les peuples qui y vivent par d’autres. Donc Trump, Erdogan et Poutine se félicitent de ce plan, tout triomphants, et se complaisent dans leurs accords dont la stratégie est celle d’un nettoyage ethnique. Et très peu de médias le soulignent, peu de pays le condamnent dans ces termes et aucun n’intervient réellement. C’est encore plus absurde considérant la reconnaissance, le 29 octobre dernier, du génocide arménien par les États-Unis. Il faut donc croire qu’ils peuvent en reconnaître un, mais pas en empêcher un ? Le monde est complice d’un autre nettoyage ethnique annoncé, mais présenté comme étant une victoire pour la paix dans la région. Cette ironie se reflète également dans l’appellation propagandiste choisie pour désigner l’opération lancée par l’armée turque : « Source de paix ». On ne pourrait trouver plus trompeur.

Que cherche la Turquie ?

La Turquie, cette puissance économique et deuxième puissance militaire de l’OTAN, est actuellement dirigée par Erdogan, premier ministre de 2003 à 2014 et président depuis. Loin d’être un exemple pour le respect des droits humains, l’histoire de la Turquie est entachée de l’oppression des minorités vivant sur son territoire. Pour les Kurdes, massacres et déportations sont monnaie courante. Leur langue a même été niée et interdite de 1983 à 1991. On peut aussi mentionner les génocides arménien, grec et assyrien effectués lors de la Première Guerre mondiale par l’Empire ottoman.

Derrière les dérives autocratiques d’Erdogan se cache un attachement à une identité islamique ottomane qui dicte, entre autres choses, l’éradication de ceux qui lui font obstacle. Rappelons-nous, à titre d’exemple, la purge massive de ses opposants (güllenistes, kémalistes, militants de la cause kurde, etc.) suivant une tentative de coup d’État en 2016 : des centaines de milliers de personnes limogées, plus d’une centaine d’organes de presse fermés, des dizaines de milliers d’incarcérations, etc.

À maintes reprises, le soutien de la Turquie à Daech a été prouvé et dénoncé. Pendant que les combattants et combattantes du Rojava se battaient contre Daech, le régime turc le finançait en lui achetant illégalement du pétrole et du coton, entre autres. La frontière turque a, à quelques exceptions près, toujours bloqué le passage des troupes contre Daech, mais celle-ci était très perméable pour les forces de Daech. Cet appui aux islamistes extrémistes n’est pas une surprise lorsqu’on constate les visées néo-ottomanes d’Erdogan et le rêve de faire de la Turquie LA puissance islamiste du monde.

On parle souvent des incursions turques au Rojava de 2016 et 2018, mais on présente souvent celle de 2016 comme étant une offensive contre Daech. À ce moment, j’étais au Rojava, et je peux confirmer que c’était tout le contraire. Les forces turques venaient ralentir notre avancée contre Daech et nous bloquaient en « prenant » les territoires de Daech. Ce n’était qu’un changement d’uniforme : de Daech vers soldat turc. Deux de mes camarades en ont payé le prix : Robin Agiri (Michael Israel) et Zana Çiwan (Anton Leschke) participaient à une offensive contre Daech et ils ont été tués, avec d’autres combattants et combattantes kurdes, non pas par Daech, mais par la Turquie. Pour protéger Daech, la Turquie avait effectué un bombardement aérien sur la position des FDS.

En 2018, l’armée turque a envahi Afrin, le canton ouest du Rojava. Depuis, elle occupe la région commettant son lot de crimes de guerre : exécutions sommaires, pillages, déplacements des populations kurdes et yézidis. Le nettoyage ethnique avait déjà commencé.

On peut donc facilement anticiper ce qui se passera dans la « zone de sécurité » occupée par la Turquie. Il est aussi évident qu’une grande partie des populations locales quittera cette zone pour éviter les exactions de la Turquie islamofasciste.

Tuer la paix

Non seulement les forces du Rojava ont fait les plus grands sacrifices pour libérer les territoires de Daech, mais elles sont aussi la source d’une expérience sociale unique, avant-gardiste et donnant des résultats comme nous n’en avons jamais vu. Elles ont mis en place le confédéralisme démocratique, un système basé sur 3 piliers principaux : la démocratie directe, l’égalité pour tous et toutes et l’écologie.

Pour mesurer l’ampleur des résultats obtenus, il faut comprendre les sociétés du Moyen-Orient et leurs histoires. Beaucoup de peuples, de cultures et de religions différentes s’y côtoient depuis toujours, et les puissances ont toujours tenté d’écraser et de diviser les minorités de cette région, et ce depuis les Sumériens (4500 av. J.-C. – 1900 av. J.-C.). Les guerres tribales, ethniques et de religions y sont depuis toujours encouragées par les interventions des puissances étrangères de la région. À titre d’exemple, les alliés se sont divisé l’Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale en créant des frontières sans considérer les réalités locales, exacerbant ainsi les conflits ethniques et religieux. Aussi, les principes patriarcaux sont fortement enracinés et déterminent les relations sociales et la distribution des rôles traditionnels. Mariages forcés et arrangés, les cas de crimes « d’honneur » et crimes misogynes et sexistes, etc., sont répandus.

Cette nouvelle société est venue basculer tout cela. Sa plus grande réalisation est sûrement au niveau de la place des femmes dans la société, ce que l’on peut qualifier de « révolution féministe du Rojava ». Appelée « jinéologie », la science des femmes, cette théorie avance que le changement social est directement dépendant de la position des femmes dans la société : il est inconcevable d’obtenir la liberté si la moitié de la population que forment les femmes n’est pas libre. Évidemment, les crimes sexistes sont maintenant interdits, mais le changement est bien plus profond que cela. Par exemple, à chaque poste élu, la parité est obligatoire et même dans l’armée, les femmes ont leur propre commandement. Mon expérience étant surtout militaire, j’ai pu constater que dans l’armée, la jinéologie est loin d’être de surface. C’est tolérance zéro pour le moindre commentaire sexiste. Ce changement n’est pas venu comme une concession des hommes, mais est partie intégrante de la théorie du confédéralisme démocratique depuis ses débuts, et les femmes ont gagné cette égalité en s’imposant en tant qu’égales, par exemple en prenant les armes sans demander la permission à qui que ce soit. Cela ne s’est pas fait naturellement et ça a été particulièrement difficile au début pour les femmes, et ce n’est pas toujours parfait, surtout dans les villages plus reculés. Mais le changement est drastique et immensément impressionnant si l’on considère que cette société était l’une des plus machistes du monde, et qu’en moins de 10 ans, elle est devenue, à ma connaissance, la plus avancée du monde.

Pour ce qui est des guerres de religion et des conflits ethniques, beaucoup d’efforts sont déployés pour en faire une chose du passé. Cette révolution n’a pas pour but, contrairement à ce que plusieurs pensent, de créer un Kurdistan indépendant. Pour le confédéralisme démocratique, créer de nouvelles frontières ne ferait qu’empirer la situation. Les Kurdes ont par exemple créé les FDS pour tendre la main aux autres peuples, faisant du YPG/YPJ, à grande majorité kurde, une partie de l’armée et non l’ensemble de l’armée elle-même. Au sein des FDS, les unités arabes, assyriennes, etc. ont leur propre commandement. Dans la société civile, les instances décisionnelles doivent respecter la proportion locale au niveau ethnique. Dans mon unité, à très grande majorité kurde, je n’ai vu absolument aucune différence de comportement face aux camarades arabes ou assyriennes. Cela m’a aussi pris un bout de temps avant de comprendre qu’il n’y avait pas que des Kurdes dans l’unité, excluant les trois internationaux dont je faisais partie évidemment, tellement les gens n’y accordaient pas d’importance. Les différences religieuses sont de plus en plus ignorées et toutes les religions y sont acceptées avec une limite : aucune pratique religieuse allant à l’encontre de la jinéologie n’est tolérée.

Rapidement, je peux souligner quelques initiatives allant dans le même sens : le village entièrement féminin de Jinwar, la commune internationaliste, le système de justice réparatrice, les efforts de reforestation, le système de critique/auto-critique, les coopératives de travail, etc. Cependant, j’ai mis l’accent sur l’égalité, car c’est le principal élément ayant permis de mettre fin aux vieux conflits interminables, de stabiliser le Rojava, d’impliquer toutes et tous dans cette nouvelle société et d’ouvrir les portes à de réelles expérimentations pour une société nouvelle.

Bien sûr, beaucoup reste à faire, mentionnons, par exemple, la défense des droits des communautés LGBT+, la mise en place d’un système économique anticapitaliste, les limites des efforts écologiques versus l’effort de guerre malheureusement nécessaire, mais le progrès est déjà sans commune mesure, tout cela en temps de guerre presque constant.

C’est donc aussi tout cela, et particulièrement le seul espoir de paix durable, que l’Occident a abandonné et sacrifié aux mains des régimes autoritaires, ou même totalitaires, turc, russe et syrien. Ce sont aussi les meilleures conditions pour une réelle expérimentation de société écologique qui sont placées en situation plus que précaire. Évidemment, la révolution n’est pas nécessairement morte, mais avec les attaques turques, la « zone de sécurité » et les armées d’Assad et de Poutine qui sont déployées, elle est de toute évidence mise à mal et plus que jamais menacée. Malgré les condamnations, rien ne bouge. Aucun pays, ni l’ONU ni l’OTAN. En n’intervenant pas, ces acteurs se rendent complices non seulement de tentatives de génocides, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, mais aussi d’éliminer les plus grands progrès sociaux du monde actuel et de tuer le seul espoir de paix pour le Moyen-Orient.

Plus jamais ça. Ça a été affirmé après le génocide arménien, les deux Grandes Guerres, le génocide rwandais, encore et encore. L’ONU n’a finalement rien empêché, comme son ancêtre, la Société des Nations. Force est de constater que les tentatives des gouvernements et instances internationales sont malintentionnées, hypocrites ou simplement complètement inefficaces. Peu importe la raison, elles n’arrivent à rien.

Et maintenant ?

Je ne sais pas comment la situation va évoluer là-bas, mais ici, il est malheureusement sûrement trop tard pour construire un rapport de force assez important pour obliger nos gouvernements à intervenir. Les mobilisations que nous avons vues partout sur la planète et celles à venir sont importantes, ne serait-ce que pour l’effet qu’elles ont sur le moral des gens au Rojava. Malheureusement, force est de constater que ça ne changera pas de façon assez importante l’attitude de nos gouvernements. Ici, au Canada, le seul résultat concret a été de ne plus donner de nouveaux permis d’exportation d’armes pour la Turquie. Comme si les exportations actuelles n’avaient pas exactement le même résultat…

Que ce soit pour là-bas ou dans une autre région, tôt ou tard, un mouvement de solidarité international réellement efficace sera encore nécessaire puisque l’on ne pourra pas compter sur rien d’autre que ces mouvements. Mais pour y arriver, il faudra peut-être bien faire une auto-critique et revoir nos priorités ainsi que nos méthodes d’action. Car pendant que des camarades tombent au combat, résistent héroïquement contre des ennemis bien mieux armés et plus nombreux, construisent de réelles alternatives, expérimentent dans une nouvelle société en mettant de côté leurs différences, ici, dans différents milieux de gauche, nous nous disputons à savoir qui a le droit de porter des dreads, nous oublions de constater que la grande majorité d’entre nous est privilégiée, peu importe notre couleur de peau, notre sexe ou notre orientation sexuelle, nous nous inventons des ennemi·es chez nos allié·es, nous vivons dans des mondes surintellectualisés tellement loin de la réalité que nous perdons contact avec elle, nous débattons à savoir quelle personne élire alors que de toute façon le système derrière est complètement pourri et inefficace, nous faisons de la paille de plastique et du mégot de cigarette des combats, alors que des entreprises rasent nos forêts et extraient le pétrole le plus polluant du monde, et j’en passe. Il est peut-être temps de placer nos petits combats personnels de côté afin de mieux voir la « big picture ». Ces camarades comptaient sur nous et, pour l’instant, nous avons échoué.

Je ne dis pas qu’on a fait tout mal, ce serait clairement faux. Je ne dis pas que je sais comment y arriver, je ne crois pas que quiconque ne le sache complètement. Mais sans remise en question et sans revoir nos priorités, il semble que beaucoup de nos efforts sont et seront inefficaces.

Ensemble, combattons le fascisme sous toutes ses formes et construisons de réelles alternatives ainsi qu’un mouvement fort. Alors, lorsqu’une situation du genre se représentera et que des camarades lanceront un appel à la solidarité internationale, nous pourrons répondre « présents », écraser les intérêts de l’ennemi ici et avoir un rapport de force assez important pour qu’il coûte plus cher à nos États de nous ignorer que d’intervenir comme nous le demandons. Autrement, la situation actuelle se reproduira et, suite à un génocide, une révolution écrasée ou autre, on répétera futilement : « plus jamais ça ».

À Montréal, le collectif Rojava Montréal travaille à faire connaître la révolution du Rojava et ses progrès tout en l’appuyant par l’organisation de manifestations, présentations ou autres.

Pour plus d’infos : Facebook : https://www.facebook.com/rojavamontreal/

Email : rojavamontreal@protonmail.com

On peut aussi s’inscrire à leur liste d’envoi en envoyant un courriel à rojavamontreal-subscribe@lists.riseup.net

Il est aussi possible de contribuer monétairement au Croissant-Rouge du Kurdistan (Heyva Sor) qui aide à acheminer du matériel médical pour y soigner les blessé·es. http://www.heyvasor.com/en/